Plenary sessions: abstracts

Carlos J. Alvarez
[Universidad de La Laguna]

The syllable as an access unit in reading and writing:
Frequency and other effects across languages.

One debated question in visual word recognition is to determine the role, if any, played by sublexical units such as the syllable. It has been repeatedly found that words are not processed as a whole, but rather the system consistently uses the syllable as a sublexical unit. Evidence supporting this syllabic processing has been mostly obtained in Romance languages with clear syllable boundaries (e.g., Spanish or French) rather than in English. In Spanish, for instance, an important number of studies have found that positional token syllable frequency influences response times to words. In general, words with high-frequency syllables produce longer response times than words with low-frequency syllables in tasks such as lexical decision. This so-called inhibitory effect of syllable frequency has been interpreted in terms of competition at the word level. In this talk we will review the research that has found this effect in different languages, the theoretical implications plus other relevant results supporting the functionality of the syllable in adult word reading. In addition, the possible role of these units in written word production will be also debated, with special emphasis in those studies using chronometric measure.

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Marion Blondel & Leïla Boutora
[SFL (UMR 7023) – Paris 8/CNRS — LPL (UMR 7309) – Aix-Marseille Université/CNRS]

Langue(s) des signes : la syllabe en mouvement

Le mouvement fait partie de l’inventaire des unités minimales des langues des signes et occupe une place importante dans la structure de la syllabe. Pour autant, son traitement varie selon les représentations. Nous dresserons l’inventaire des modélisations de la syllabe dans les langues des signes décrites et nous nous intéresserons en particulier à la façon dont sa structure dynamique et temporelle est prise en compte dans la synchronisation entre articulateurs, entre individus signant ‘en chœur’, ainsi que dans le passage d’une modalité à une autre en traduction poétique.

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Marie-Hélène Côté
[Université de Lausanne / Université Laval (Québec)]

Vers un modèle émergentiste de la syllabe

La relation entre les jugements de syllabation et les processus segmentaux restent à préciser. Les phonologues ont tenté de définir la syllabe censée déclancher ou motiver les processus phonologiques. Idéalement, cette syllabe devrait se refléter dans les jugements de syllabation des locuteurs, obtenus par instrospection ou de façon expérimentale. Mais cela n’est que partiellement le cas. L’écart entre les syllabes phonologiques et les jugements des locuteurs a reçu différentes interprétations, l’idée principale étant que des facteurs non-phonologiques brouillent la correspondance entre  les jugements et la syllabe considérée comme pertinente du point de vue phonologique. En ce sens, les jugements de syllabation ont été largement exclus du domaine de la théorie phonologique.

Je discuterai ici de la relation entre les jugement de syllabation et les processus segmentaux, en suggérant que les jugements et les processus sont tous deux partiellement motivés par des facteurs articulatoires et perceptuels communs. Cela explique le fort degré de correspondance entre les deux ensembles de données et, indirectement, le succès et la popularité des analyses syllabiques des processus segmentaux. Mais cela mène aussi à une conception de la syllabe comme épiphénomène de surface plutôt que comme objet phonologique abstrait. La syllabation et les processus segmentaux sont indirectement reliés par des facteurs explicatifs communs, mais les processus ne sont pas directement déterminés par la syllabation.

Cette conception sera appuyée par des données expérimentales sur le français québécois et débouchera sur une syllabe à géométrie variable, qui, au-delà de la présence définitoire d’un pic de sonorité, dépend essentiellement des modalités et des contraintes spécifiques des tâches de syllabation soumises aux locuteurs (expérimentalement ou non).

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Sophie Wauquier
[SFL (UMR 7023) – Paris 8/CNRS]

« Ba-be-bi-bo bu , tu dois apprendre à lire »
La syllabe et l’acquisition du langage : de l’oral à l’écrit

 

La syllabe constitue une unité psycholinguistique assez « naturellement » disponible et efficace du traitement de la parole tant chez l’adulte que chez le nourrisson. Les bébés ont en effet une sensibilité très précoce au rythme et à l’organisation syllabique de la chaîne parlée qu’ils utilisent pour accéder aux contraintes phonotactiques de l’input ou le segmenter en mots. Dès 4 ans les enfants acquièrent la conscience phonologique d’une organisation infra lexicale de la parole, ils savent frapper dans les mains le nombre de noyaux syllabiques d’un mot qu’on leur donne à scander et appliquent efficacement les régularités phonologiques syllabiquement conditionnées alors qu’ils n’ont pas nécessairement de représentation mentale très claire d’objets plus petits tels que le segment ou le trait. Les adultes analphabètes n’ayant pas de représentation écrite des mots manifestent les mêmes compétences.

On sait par ailleurs que l’acquisition de la lecture s’appuie sur la prise de conscience de l’existence d’unités lexicales mais aussi de la possibilité de les décomposer en unités plus petites. Trois stades successifs dans l’acquisition de la lecture sont généralement considérés : les stades logographique, phonologique et orthographique. Au stade logographique, les enfants reconnaissent et dessinent certains mots connus sans les décomposer en séquences abstraites d’unités plus petites. Au stade phonologique, ils prennent conscience de la relation entre les unités orales et écrites de la langue et utilisent l’information phonologique mise en place lors l’acquisition de la langue parlée. Puis, en fin d’apprentissage, ils acquièrent une compétence proprement orthographique qui ne s’appuie plus directement sur les représentations de la langue parlée mais repose sur un niveau d’organisation alphabétique. Il a été montré -et particulièrement pour une langue dite « syllabique » comme l’est le français- que dans ce scénario, la syllabe va jouer un rôle central d’interface dans la découverte par les enfants de la structuration de l’information écrite à partir de leur conscience phonologique ainsi que d’accès aux représentations alphabétiques.

Ces questions ont été étudiées de manière approfondie par la psycholinguistique et ont levé des débats parfois assez polémiques dans la littérature didactique notamment au sujet des choix pédagogiques à adopter avec les élèves pour l’apprentissage de la lecture (« méthode globale » vs « méthode syllabique »).

Dans cette communication, je ne traiterai pas directement de ce débat, mais je présenterai une synthèse de l’état des connaissances actuelles sur le rôle de la syllabe pour l’acquisition de l’oral et de l’écrit en interrogeant la manière dont elles peuvent renseigner les pratiques pédagogiques.

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